Depuis trente ans, nous vivions à Paris, mais nous ne pensions pas revenir un jour dans le Bordelais, notre région natale. Nous étions pourtant à la recherche d’une maison, plutôt dans le Gers, un lieu ouvert pour y créer un lieu de rencontres et d’échanges et des spectacles. Mais le week-end du 14 juillet 1996, l’occasion s’est présentée. Lagarette, cette demeure inaccessible, était à vendre. Nous avons jeté notre dévolu sur elle et, après de nombreux aléas et d’incroyables histoires, nous en devenions propriétaires, en février 1998.

Nous pensions acquérir une résidence secondaire ; nous prenions possession d’un vignoble. Nous rêvions de restaurer simplement une belle demeure ; les vignes, le chai devinrent prioritaires ! La renaissance du Château Lagarette commençait, nous nous improvisions vignerons, et cette passion du vin naissait en moi.
Malgré les vignes en piteux état, le toit du chai effondré, je savais que nous possédions un patrimoine qui avait conservé intact les traces d’une viticulture ancienne. Je voulais retrouver ces gestes d’antan qui avaient produit, ici, des vins rares et précieux. Hormis la jeune parcelle de cabernet franc, ces vignes, plantées bien avant toute mécanisation viticole, sans engrais ni traitement, guidèrent mes choix vers une viticulture biologique.
La première année, nous avons restauré le chai, défriché, labouré, taillé tout le vignoble, redressé les piquets, replanté les pieds manquants. Et dès notre premier millésime, en 1998, nous avons su que le Château Lagarette pouvait produire de grands vins. La propriété revivait enfin au rythme des quatre saisons de la vigne. Et nous, nous devenions de véritables vignerons. »